
Only Human : Se découvrir dans l’imperfection — Exposition personnelle de l’artiste taïwanaise Betty Lu à Paris
L'exposition personnelle de l'artiste taïwanaise Betty Lu, intitulée « Only Human », se tiendra du 5 au 10 février 2026 à la célèbre Galerie Mona Lisa, au cœur du 7e arrondissement de Paris. Sous la direction de la commissaire Carina Chang, cette exposition propose un dialogue sincère sur l’essence humaine. À travers une sensibilité féminine d'une grande finesse, elle défie les cadres imposés par les normes sociales, invitant le spectateur à retrouver son essence originelle dans le relâchement des émotions.
Note de l'éditrice : 《There’s always a butt》
Dans l'exposition personnelle Only Human, l'œuvre There’s always a butt utilise un jeu de mots plein d'humour pour souligner une réalité partagée par les femmes d'aujourd'hui : même après avoir atteint les « standards » imposés par la société, un « mais » (but) critique semble toujours nous suivre de près. C’est précisément ce qu’on appelle le « regard social », transformant le corps féminin en un objet pris dans une course sans fin vers la conformité.
Peut-être que notre rôle n'est pas d'effacer ce « mais », mais plutôt de nous retourner pour lui sourire avec sérénité. Cette liberté se reflète dans la scénographie de l'exposition : les tableaux ne sont plus figés par des lignes horizontales rigides ; ils sont disposés selon un rythme irrégulier, comme une danse improvisée sur les murs. Une fois les normes balayées, les couleurs saturées et éclatantes de la toile prennent le dessus. Cette vitalité libérée permet de lâcher prise devant cette énergie visuelle vibrante, et de rencontrer enfin son moi le plus authentique et parfait.

De la surveillance sociale à l’éveil : le corps comme langage de résistance
La démarche créative de Betty Lu prend racine dans une réflexion profonde sur la « discipline sociale ». Le philosophe Michel Foucault a exploré comment le pouvoir social utilise le « regard » pour surveiller et contraindre l'individu. Sous ce regard social, le corps féminin est souvent objectivé et enfermé dans des critères esthétiques et des attentes spécifiques, comme dans une cage invisible.
Dans la série « Only Human », Betty Lu transforme le corps d'un « objet regardé » en un « sujet ressentant ». Les gestes dansants et les proportions corporelles volontairement exagérées constituent une douce rébellion face à cette normalisation sociale. C’est une libération du corps vis-à-vis du jugement extérieur, révélant une énergie vitale qui aspire à la liberté au-delà des contraintes.

Embrasser le vrai soi : une philosophie de la vie dans l’imperfection
Au-delà de la réflexion sociétale, l’exposition explore la reconstruction du soi au niveau psychologique. Le psychanalyste britannique Donald Winnicott a théorisé le développement du « faux soi » pour répondre aux attentes extérieures et assurer la survie. Les corps disproportionnés et la libération émotionnelle chez Betty Lu marquent un retour du « faux soi » vers le « vrai soi » , un état originel qui, bien qu'imparfait, déborde de vitalité.
En pénétrant dans l'espace, le visiteur est d'abord séduit par l'apparente légèreté et l'humour des œuvres. Pourtant, derrière la fluidité des traits se cache une pulsion de vie cherchant à éclore. L’artiste refuse l’idéalisation du corps pour embrasser la fragilité, le déséquilibre et l’incertitude. L’esprit de l’exposition se résume en son slogan :
« Sans norme, laissant les émotions s’exprimer librement, dans le relâchement, on retrouve ce soi imparfait mais pourtant parfait. »

Informations Pratiques
Vernissage : Jeudi 5 février : 17h00 – 20h00
Ouverture au public :
5 fév (jeu) : 14h00 – 17h00
6 fév (ven) au 8 fév (dim) : 14h00 – 18h00
10 fév (mar) : 14h00 – 17h00
Fermé le lundi 9 février
Lieu : Galerie Mona Lisa (32 Rue de Varenne, 75007 Paris)

Betty Lu Née à Taipei, Taïwan. Après une carrière exigeante dans le monde de l'entreprise, elle s'est tournée vers l'art, passant de la rigueur rationnelle à la sensibilité intuitive. Forte de plus de dix ans d'expérience, elle a été saluée lors de son exposition au Carrousel du Louvre en 2022. Ses œuvres, oscillant entre figuration et abstraction, ont été exposées en Italie, en Espagne, à Monaco et en Corée du Sud. Pour cette exposition, elle dépasse ses techniques à l'huile habituelles pour explorer l'acrylique, capturant ainsi la tension émotionnelle aux multiples facettes du corps féminin.
Follow







